Expert d'assurés :

Vous défendre face à votre assureur

 

 

L'assuré que vous êtes peut se sentir légitimement désarmé face à son assureur ou son représentant, l'Expert d'Assurance, voire pour les plus téméraires, l'Inspecteur d'Assurance, et peut être tenté de retourner sans cesse et dans tous les sens la seule question qui vaille: "Que Faire ?". A tort ...

 

D'abord parce que l'Expert d'Assurance n'est généralement pas un monstre mais plutôt un "héros fatigué": il a plus de soucis que d'espoirs, est soumis à une pression constante des assureurs ces dernières années pour atteindre la quadrature du cercle (Vite, bien, pas cher et sans incident ...), obligé de se regrouper pour pallier à la baisse tendancielle du taux de profit, et en tout cas astreint, s'il le faut à coups de fouet, à respecter les fameux "délais", seule source d'insatisfaction du sinistré que les assureurs ont été capable d'identifier, pardon, de quantifier.

 

Donc l'intéressé, bien que muni d'un bagage technique et/ou juridique certain, et pour les sinistres supérieurs à 32.000 € d'un agrément exigeant auprès de l'Assemblée Plenière des Sociétés d'Assurance Dommage, n'est pas si redoutable qu'il y parait (certains de nos concurrents n'hésitant pas à tirer sur l'ambulance en affirmant que "l'Expert d' Assurance ne chiffre jamais les dommages", ce qui relève au minimum d'un mépris certain du principe de réalité auquel l'Expert d'assurance est encore en mesure d'opposer souvent un démenti cinglant...) puisque le contexte lui impose sur les petits et moyens sinistres une forme de doigté pour tenir compte du coût d'acquisition du nouveau client par l'assureur, souvent supérieur à ce qu'on estimera négociable pour que vous ne résiliez pas votre police après sinistre.... 

 

Ce qui peut paraître relativement contradictoire avec notre préambule mais montre que les marges de manoeuvre existent pour peu qu'on sache les détecter et qu'on reste nuancé. 

 

Ensuite, le principe du Contradictoire, pendant de l'Egalité des armes, vous permet  de vous faire représenter dans le cadre d' un sinistre par votre Expert, Contre-Expert ou expert d'assuré afin par exemple d'éviter les arguments d'autorité de l'Expert de Compagnie ou de Mutuelle, dont le spontanéisme - du type, pour les plus communs, "Je pense ce que je pense parce que je le pense et c'est celui qui dit qu'y est !",  "C'est comme ça" ou le fameux "C'est moi l'Expert..." - est assez rafraîchissant au début des opérations, mais devient très vite lassant et certainement peu conforme avec l'esprit si ce n'est avec le texte de l'Article 1315 alinéa 2 du Code Civil qui oblige, entre autres, l'Assureur qui se prétend dégagé d'une obligation (Vous indemniser du dommage que vous avez subi ?) à en faire la preuve. 

 

Heureusement, vous avez maintenant à vos côtés un Expert. Certes, un expert d'assuré et rien que cela, l'expert d'assurance se chargeant parfois de vous faire comprendre la différence et l'estime en laquelle il tient le débat contradictoire ... Mais votre expert ayant souvent été lui-même par le passé Expert d'assurance a quelques idées sur la question et même, pour les meilleurs, des arguments à faire valoir. Il a, par exemple:

 

- fait en sorte d'étudier les garanties de votre contrat d'assurance et optimisé votre réclamation en fonction des garanties souscrites, en  n'en oubliant aucune


- conseillé le béotien que êtes sur la réalisation des mesures conservatoires qui lui incombe, puisque si vous êtes un particulier, le Code Civil vous impose d'agir avec la chose dont vous réclamez la réparation en "bon père de famille", et si vous êtes un chef d'entreprise, en professionnel, ce qui, contrairement à ce qu'on pense, ne va pas toujours de soit et peut même, dans certains cas, avoir de fâcheuses conséquences sur l'étendue de votre indemnité 

 

établi un état des pertes cohérent (Cf. Le document récapitulant les différents postes de votre réclamation, puisque rappelons le, c'est à vous qu'il appartient de réclamer suivant en cela les dispositions de l'Article 1315 alinea 1 du Code Civil) aux fins de chiffrer les dommages et de négocier le montant de votre indemnité avec le représentant de votre Compagnie d'assurance au mieux de vos intérêts

 

- ramené à plus de raison les prétentions des artisans qui ont pu, certes, établir avec beaucoup de gentillesse et une très grande disponibilité des devis servant de base à votre réclamation, mais parfois avec une légèreté ou au contraire un aplomb qui n'est pas sans rappeler celle ou celui du voleur criant "au voleur", en tout cas qui mettront tout le monde, et en particulier l'Expert d'assurance, de très mauvaise humeur au moment des opérations d'expertise contradictoire, ce qu'il convient, le plus souvent mais pas toujours, d'éviter ... 

 

- amené l'Expert d'Assurance à signer un Procès Verbal d'expertise, ce qui peut avoir le mérite de stabiliser les causes et circonstances du sinistre, le chiffrage des dommages, et par voie de conséquence, votre garantie

 

- accéléré le processus de règlement, par exemple en convoquant votre assureur ou ses représentants à une expertise amiable et contradictoire, voire pour les plus aventureux, en les relançant ...

 

- fait en sorte de vous conseiller au mieux de vos intérêts tout au long de la gestion du sinistre en évitant de vous promettre la Lune et pour le coup les fameux "30 % de plus que si vous vous étiez défendu tout seul". D'abord parce que chaque sinistre est différent, ensuite parce que par respect pour vous, il a essayé de faire montre de pédagogie en vous expliquant que l'économie du sinistre est régie par le fameux "principe indemnitaire" qui veut que l'assureur vous remette dans votre état de fortune antérieur au sinistre (ce qui n'est déjà pas si simple) mais exclut que vous fassiez un bénéfice (ce que certains qualifieraient de "fraude"...)